d) L'epoque contemporaine

     Les épreuves des guerres

La première guerre mondial allait permettre au sucre de canne de gagner encore du terrain; sa production couvrit presque les deux-tiers du marché. En effet, la guerre eut de grave conséquences pour les régions betteravières, situées sur les lieux de combat. Un grand nombre de sucreries furent détruites. Après 1918, le sucre de betterave devait rattraper son retard. Pendant la campagne 1919-1920, la production de betterave dans le monde s'élevait à 4 millions de tonnes tandis que celle du sucre de canne s'élevait à 13 millions de tonnes. Cet écart de production allait diminuer entre les deux guerre; la France dut reconstituer ses cultures betteravières et réorganiser son industrie du sucre. L'entre deux guerre fut une période difficile pour l'Europe. En effet, dans le début des années 1920, on vit une très forte hausse des cours du sucre; ceci est dut à une forte spéculation. La crise de 1929 allait faire souffrir cette industrie. C'est en 1931, lors d'une surproduction de sucre qui déstabilisa le marché, qu'un accord sucrier international, le plan Chadbourne, tenta d'être régularisé. Cependant il fut abandonné dès 1934, suite à une baisse du prix du sucre. Il y eut cependant un nouvel accord international, signé à Londres en Mai 1937, qui créa le Conseil international du sucre et selon lequel les pays producteurs devaient s'engager à respecter un plafond d'exportation. C'est alors que les exportation connurent une très forte hausse.

La France, qui ne comptait que 85 sucreries en 1923, devait retrouver en 1930 sa production de 1900. en 1933, la culture de la betterave sucrière couvrait plus de 260 000 hectares, essentiellement repartis dans les région du Nord.

À la veille de la seconde guerre mondial, l'URSS était en tète de la production de sucre de betterave devant l'Allemagne, les États-Unis et la France. Or le marché français était protégé par des barrières douanières, qui le mettait à l'abri des fluctuations du marché international.


     La Seconde Guerre Mondiale


Le sucre fit énormément défaut pendant la Seconde. Les tickets de sucre accordait seulement 500 grammes par mois et par personne. Il fallut donc trouver d'autre moyen pour parvenir à faire des desserts et des confitures. Au début des années 1940, Mme Foulon-Lefranc indique comment trouver du sucre pour les confitures. « Il y a un moyen héroïque de s'en procurer: c'est d'apprendre à s'en passer tous les jours. Vous arriverez à ne plus sucrer sans ennui ni le petit déjeuner ni le thé ou le café. Vous pourrez ainsi, avec le sucre économisée, faire des confitures.

     Le nouveau marché européen


Dans l'immédiate après-guerre, la reconstruction procéda des même efforts et même difficultées qu'en 1918. Au début des années 1950, il y eut un grand déséquilibre entre la production et la consommation de sucre. Pour y remédier, les pays sucrières signèrent en 1953, à Londres, un Accord international sur le sucre, qui rétablissait des quotas d'exportations et instaurait la régulations des cours. Cet accord fut reconnu en 1958 sans apporter une véritable solution aux difficultés du marché du sucre. Le Marché commun, instauré entre six pays européens par le traité de Rome, en 1957, allait ouvrir de nouvelles horizons à l'Europe. Il fallut toutefois quelques années pour que la réglementation communautaire liées au sucre soit mis en place. La Politique agricole commune reposait sur trois principes: la libre circulation des produits au sein de ce marché unique, la préférence communautaire et la solidarité financière. C'est alors que des quotas furent fixés.


     Le sucre au XXIe siècle


Aujourd’hui, sur 115 pays producteurs de sucre, seulement 38 cultivent uniquement de la betterave, 64 cultivent exclusivement de la canne à sucre, et 9 les deux plantes à la fois, qu'ils bénéficient d'un climat méditerranéen, comme l'Espagne, ou qu'ils couvrent plusieurs zones climatiques, tel que les États-Unis, l'Iran et la Chine. Au début du siècle, la betterave représentait seulement deux-tiers de la production mondiale de sucre. Aujourd’hui, la canne à sucre en fournis plus de 70%. la production mondiale, qui a suivi l'essor de la consommation, est proche de 129 millions de tonnes(valeurs brutes), et les dix principaux producteurs en assurent, à eux seul 70%. ce sont, dans l'ordre décroissant, le Brésil, l'Union Européenne, l'Inde, la Chine, les États-Unis, la Thaïlande, l'Australie, le Mexique, Cuba et l'Ukraine. D'importants producteurs sont également de gros consommateurs, puisque, du premier au dixième rang, on trouve l'Inde, l'Union Européenne, les États-Unis, le Brésil, la Chine, la Russie, le Mexique, l'Indonésie, le Pakistan et le Japon. Enfin, en ce qui concerne les échanges mondiaux, quartes pays, tel que le Brésil, l'Australie, la Thaïlande et Cuba, couvrent environ 60% des exportations mondiales nettes, l'Union Européenne ne représente que 10%.


     Le règne du sucre de betterave dans l'Union Européenne


L'Europe sucrière a progressé à la fois grace à ses élargissements successifs et à ses progrès en matière de productivité. La Communauté européenne a donné à l'industrie sucrière un essor considérable. A l'exception du Luxembourg, qui n'a jamais produit de sucre, et du Portugal, qui n'en produit que quelques milliers de tonnes à partir de la betterave et qui ne fournis plus de sucre de canne dans l'archipel des Acores, tous les pays ont vu leur production sucrière progresser depuis leur entrée dans l'Union européenne. Grace à la rationalisation et au développement des technologies, le marché a été inondé de sucre avantageux de première qualité.

Leader mondial de la production sucrière jusqu'en 1995, l'Union européenne a été dépassée par l'Inde. Elle assure toutefois près de 15% de la production mondiale, avec du sucre provenant essentiellement de la betterave. En effet, la production de sucre de canne n'est que d'une dizaine de milliers de tonnes dans le sud de l'Espagne et d'environ 250 000 tonnes dans les départements d'outre-mer français. La Réunion en couvre les 4/5, et les Antilles, le reste. L'Union est aussi au deuxième rang de la consommation de sucre avec une consommation moyenne par habitants de 33,8 kg. Les pays du Nord en consomment beaucoup plus que les pays du Sud. L'Union européenne est le premier exportateur de sucre blanc dans le monde: 40% des exportations, à destination de plus de 120 pays. Enfin, elle est l'un des principaux importateurs; bien que globalement exportatrice, l'Union importe depuis 1973 du sucre roux, à volume et pris garantis, en application du Protocole sucre de la Convention de Lomé. Cette Convention prévoit que plusieurs pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique bénéficient d'un quota de livraison annuel à l'Union européenne.

Le secteur betterave-sucre de l'Union européenne est régi par une Organisation Commune de Marché (OCM). Depuis 1968, des règlements se sont succédé: garanti de prix et d'approvisionnement du marché, quotas de production, etc. Le règlement actuel a été adopté en 1955 pour six campagnes (1995, 1996 à 2000 et 2001). Le rendement moyen de 50 tonnes de betteraves à l'hectare (70 pour la France) est le meilleur du monde. Meilleur du monde aussi, le rendement en sucre à l'hectare: 8,5 tonnes en 1998 (plus de 11 tonne pour la France). 8 pays de l'Union se classent dans les 15 premiers pays producteurs de sucre de betterave du monde. La France se place en tête, avec 27,5% de la production de l'Union et plus de 75% de ses exportations nettes. Il est intéressant de noter que les utilisations industrielles du sucre représentent, en France, les deux tiers de la demande totale.

 

 

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